Qui suis-je ?

Depuis ma grossesse, j’ai compris que le maternage était en danger, il ne s’agit pas au fait que de maternage, il s’agit du droit de tout un chacun de faire ses choix librement et d’être assisté pour les réaliser, il s’agit du droit le plus fondamental de ce petit être qui n’a rien demandé au monde. J’ai tout de suite compris que c’était mon combat, que c’était MOI, initialement pas du tout destiné à suivre ce chemin, qui allait prendre la responsabilité de faire changer des mentalités. Non ce n’est pas renier la science que de vouloir accoucher sans intervention médicale, non il n’est pas ringard de donner le sein, non il n’est pas has been de porter son enfant sur le dos et non ce n’ai pas de la maltraitance que de ne pas nourrir son enfant sur ordonnance.

Portage Mei-Te

Je sais que je n’ai pas choisi la facilité, mais rajoutant ma pierre à l’édifice, j’espère contribuer au changement.

Je vous propose un petit voyage dans le temps pour vous raconter comment j’en suis arrivé là :

L’enfant qui rêvait d’être professeur à l’université

Aussi loin que je me souvienne, je voulais être professeur. A la question routinière qu’on pose à tout enfant « que veux-tu faire quand tu seras grand », je répondais systématiquement « je veux travailler au "tabachir" », vous savez, cette craie de chaux de forme conique qu’on avait dans nos école, qu’on trompait toute la nuit, pour qu’au petit matin elle ne dégage plus cette poussière aveuglante. Beh c’était ça mon rêve de petite fille.

Mes parents y sont probablement pour quelque chose, tous deux professeurs, j’admirais leur dévouement et leur amour pour le métier. J’étais jalouse quand ils appelaient les élèves et étudiants « wlidati », littéralement « mes enfants » mais je comprenais que ce n’était pas uniquement une relation qui se terminait à la porte de la classe ou de l’Amphi. Qu’un professeur était avant tout un éducateur.

L’enfant que j’étais a grandi, a eu son bac et a intégré l’école d’ingénieur à l’âge de 17 ans. Changement d’époque et changement de décor. J’ai quitté le nid douillet de ma famille vers une nouvelle ville, une nouvelle culture et de nouvelles fréquentations. J’ai compris que « jdid lo jedda w lbali la tferre6 fih », j’ai appris que nous avons un passé, que nous vivons un présent et que nous espérons un futur. Que sans nos principes, notre culture, la sagesse de nos ancêtres, nous allons droit vers le déluge.

Entre l’ingénieur et le docteur, je me suis faite une raison

Plus tard l’adolescente est devenue adulte. J’ai eu mon diplôme d’ingénieur en Informatique en 2009 et j’ai été recruté par une multinational comme consultante SAP.

Parallèlement, je n’ai pas perdu de vue mon rêve d’enfant, je donnais des cours les weekends dans des établissements publics et privés et j’ai commencé des études de doctorat.

C’est dans cette même période où je me suis mariée et eu ma fille en Aout 2014.

Mes études doctorales avaient pour objectif de faire les choses dans les règles de l’art, je voulais mériter d’être professeur, pas en faire le petit bricolage du dimanche.

 

Avec mes encadrons, nous travaillons sur l’apprentissage numérique, j’avais l’occasion de combiner deux de mes passions ; l’informatique et l’éducation. J’ai tout d’abord travaillé sur la culture marocaine et à ses ouvertures possibles sur le monde numérique. Je me suis petit à petit spécialisée dans l’éducation et l’apprentissage pour la petite enfance en respectant la particularité marocaine de ce petit adulte to be.

J’ai soutenu mon doctorat fin 2015 avec la mention très honorable avec félicitation oral du jury. Je continue toujours mes recherches. Nous travaillons en collaboration avec des spécialistes en pédagogie et des professionnels de la petite enfance.

Et l’aventure a commencé

Toutes les personnes qui m’ont connu dans ma vie d’avant avaient la certitude que jamais je ne saurais être une bonne mère. Que jamais je ne pourrais devenir sédentaire et rester à la maison à m’occuper de ma fille. Ils n’avaient pas totalement tort, je ne suis pas le genre à rester prisonnière des quatre murs d’une chambre sous prétexte que j’ai des enfants. Là où ils se sont fourré le doigt dans l’œil jusqu’au coude c’est de juger qu’il faut faire un choix entre garder sa vie active et materner ses enfants.

Grande Tétée 2015

C’était là l’élément déclencheur, féministe dans l’âme, j’ai refusé de me voir réduite à ne vivre que pour s’occuper de sa progéniture, il n’en été pas question non plus de déléguer l’éducation de mes enfants à quelqu’un d’autre.

Depuis le début de ma grossesse, j’ai tout d’abord cherché à me documenter, à comprendre comment concilier ma vie de femme active que j’étais et de maman poule que j’espérais devenir.

maman travaille

C’est à ce moment où j’ai rencontré Laurie et Tiphaine que je ne remercierai jamais assez pour leurs temps et leurs disponibilités. Ce sont mes mentors et c’est avec elles que compris des choses.

Une fois ma fille est venue à ce monde, j’ai décidé de m’investir dans le soutien du maternage proximal et de ses pratiques. En effet avec deux amies de profils assez différents du mien, Aicha et Imane, nous créons en Octobre 2014 la première communauté Maroco-Marocaine pour la promotion, le partage et l’échange autour du maternage proximal : Maman et bébé épanouis au Maroc.

Maman & Bébé épanouis

Il ne m’a pas fallu longtemps pour m’apercevoir que les futures et jeunes mamans ont besoins de personnes qualifiées, de conseils distingués et de professionnels avisés. Je me suis donc un peu plus investi, je lisais tous les articles sur les revues scientifiques auxquels j’étais abonnée. J’apprenais chaque jour un peu plus. Je m’investissais chaque jour un peu plus. Le domaine me passionnait chaque jour un peu plus.

De l’amateur à la professionnelle

Quelques jours après l’obtention de mon doctorat, j’ai repris mes études. J’ai travaillé très dure pour accompagner mes formations de pratique, de stages et d’exercices ce qui est loin d’être une mince affaire au Maroc. Avide de tout nouveau savoir, je n’ai pas compté mes heures ni mon investissement.

Pendant plusieurs mois j’enchainais les formations, les congrès et les échanges avec des professionnels de renommée internationale, autant en gestion non-pharmacologique de l’accouchement qu’en allaitement ou encore en accompagnement psychologique des futurs et jeunes parents. Plus j’avançais plus j’avais la conviction que je ne m’étais pas trompée, je me suis exactement là où je voudrais être.

Très vite je me suis aperçue que des questions revenaient très souvent par des mamans qui me consultent. Cela m’a incité à regrouper les réponses et d’en faire un récapitulatif abouti, Pour cela le blog est né, mais aussi la chaîne YouTube qui fêtera bientôt son premier anniversaire. Parallèlement, depuis octobre 2015 je suis chroniqueuse pour le magazine ParentsMaroc.

En mi 2016 j’ai sauté le pas et j’ai commencé à donner des conférences en Maternage. C’est très amusant de retrouver le temps d’une conférence, cet échange et cette relation avec le public, que j’affectionne tout particulièrement dans mon métier de professeur.

Conférence

Entre les accompagnements personnels, le conseille et les ateliers, je ne m’ennuie jamais. Je rencontre de nouvelles personnes, j’apprends un peu plus sur l’humain, je suis impressionnée par ce que les mamans peuvent réaliser, je m’amuse à accompagner des familles dans leurs choix.

Ces trois dernières années, j’ai vu le Maroc, mon pays, grandir, les mentalités évoluer et les mœurs changer. C’est cela mon combat, et c’est cela qui me pousse à me réveiller chaque matin avec cette idée folle mais à laquelle je crois dure comme fer « changer le monde ». Hadi lbidaya w mazal mazal.